Jeanne Cherhal, « Histoire de J. »

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La chanteuse Jeanne Cherhal est une figure incontournable de la scène musicale française. Avec son cinquième album, Histoire de J., elle signe définitivement son entrée dans la cour des grands !

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J’avais personnellement complètement flashé sur l’album L’Eau sorti en 2006 : des arrangements à couper le souffle, des textes très bien écrits et des compositions tout à fait originales qui apportaient la fraîcheur dont la chevrotante «chanson française» avait besoin. Récompensée par une Victoire de la Musique en 2005 dans la catégorie “Révélation” pour son album Douze fois par an (2004), l’alchimie musicale jusque là grandissante avait moins bien fonctionné à mon humble avis sur son album suivant, Charade (2010), où elle avait délaissé son clavier pour s’essayer à des sonorités plus pop.
Bref, j’en étais restée là, à la regarder passer dans les festivals, à copiner avec la scène française boboïsante (Biolay, Delerm, De la Simone) et à s’amuser dans les Françoises, groupe de filles composé le temps d’un concert au Printemps de Bourges 2010 des chanteuses Camille, Olivia Ruiz, La Grande Sophie, Emily Loizeau, Rosemary Standley et donc Jeanne Cherhal.

J’avoue avoir été quelque peu consternée par la reprise en 2012 de l’album Amoureuse de Véronique Sanson, pour les 40 ans de l’album. Encore une chanteuse qui fait des reprises par manque d’inspiration, pensais-je (à l’instar d’Anaïs qui profite des droits tombés pour reprendre le répertoire des Années Folles). Hommage, blablabla, bon, la filiation était déjà perceptible sur les précédents albums, quel besoin de venir crâner sur les plateaux-télé ? Et puis…..
Et puis ces concerts-hommages ont eu pour effet de remettre Jeanne Cherhal derrière son piano. Travailler la virtuosité de Véronique Sanson l’a ouverte à une autre aisance autour de son instrument. De là, naît un album solide, complexe, abouti, un véritable bijou sonore défendu aussi bien par les textes que par les musiques. Histoire de J. marque la patte Jeanne Cherhal au fer rouge.

Considérée comme féministe de par ses engagements et ses combats, je préfère la qualifier de féminine. S’il est vrai que quelques sujets “engagés” font leur apparition (Noxolo, Quand c’est non c’est non), elle s’illustre plutôt comme femme compositrice, partageant ses doutes et son intimité à travers ses chansons. En cela, elle (re)crée le lien direct avec la chanteuse Véronique Sanson – sans négliger ce travail pianistique et harmonique si particulier. On la retrouve amoureuse et désirante (Cheval de Feu, Bingo), livrant ses difficultés ou ses espérances (L’échappée, Comme je t’attends), le tout avec poésie, contraste, et toujours une grande musicalité.
La connexion entre les deux albums ne s’arrête pas là : grâce aux arrangements et à la réalisation de Sébastien Hoogde, ambiance seventies garantie ! Capté sur bande analogique, le rendu sonore rappelle aux amateurs de rock propre à cette époque certains effets d’un George Harrisson ou d’une… Véronique Sanson. Oui oui, vous l’aurez compris.
Voici donc album qui réconforte sur l’avenir de la chanson française !

> Liens utiles : www.jeannecherhal.fr  /  iTunes  /  Facebook / Deezer

 

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