« Whiplash » : une saisissante réalité

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Voilà plus d’un an que je me suis prise la claque « Whiplash ». Tout de suite j’ai voulu écrire sur ce film, en parler, exposer mon point de vue, argumenter, débattre, soulever des exclamations et imposer des certitudes. Oui oui, au moins tout ça.

Whiplash © Daniel McFadden / Sony Picture Classics / Everett

Situons un peu le film (résumé Allociné) : Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…
Vous comprendrez à quel point je me sens concernée par l’affaire, étant moi-même passée par la machine conservatoire et adorant le jazz. Mes amis musiciens sont tous emballés par ce film, mes amis non musiciens aussi d’ailleurs, et la presse en fait des éloges dithyrambiques. Bref, tout le monde s’accorde à dire que ce film est incontournable.

Oui, seulement, ce film dénonce quelque chose qui existe en vrai : si l’humiliation des élèves est quelque chose de plutôt banal en milieu conservatoire, la relation prof/élève peut s’avérée tordue, voire malsaine. Et c’est tout le sujet du film, où l’on voit un professeur intraitable sans aucune bienveillance s’adonner à un harcèlement jubilatoire sur un gamin. Au delà de la qualité indiscutable de ce film et de ce duel musical haletant, on assiste tout de même à une forme de torture non dissimulée pour faire sortir “le meilleur” de l’élève. Et évidemment comme il devient bon à la fin «ça en valait la peine» (!!! Je l’ai véritablement entendu dire). Clap de fin, film excellent, souffre et tu y arriveras petit.
Mais dites-moi, un tel comportement n’est-il pas criminel ? Et surtout, combien de jeunes musiciens se retrouvent broyés, dévastés par des agissements similaires ?
Croyez-moi… beaucoup.

Me voilà bien embêtée pour parler de ce film, du coup. Parce que malgré tout c’est un très bon film. Les acteurs blablabla, la réalisation blablabla, la mise en situation réelle blablabla, sans oublier le jazz, en habillage sonore à couper le souffle.
Soulignons tout de même que le professeur en question est incarné par Jonathan Kimble Simmons, redoutable méchant dans plein de films et séries : il semblait donc tout indiqué pour hurler sur un élève… incarné par un acteur que personne n’a jamais vu. Un casting un peu facile, quoi.

Que ce film récolte des éloges méritées, très bien. Mais pitié, changeons notre point de vue sur cette morale à deux balles qui consiste à croire que l’on doit passer par des souffrances atroces pour réussir quelque chose. Que cela serve au moins à cela !

 

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